Quels seront vos liens avec la grande société ?

Offgrid est un projet qui doit permettre aux personnes qui vivent dedans de répondre à leurs besoins de manière autonome et donc, sans dépendre de l’organisation proposée par la grande société. Cela concerne notamment (mais pas uniquement) les besoins de base : habitat, énergie, alimentation…

Offgrid ne cherche pas à être autarcique, pour au moins deux raisons :

  • Le niveau d’intelligence collective d’un groupe est très lié à sa taille (tout un tas de productions intellectuelles, techniques et culturelles nous sont accessibles dans la société mondiale, nous n’allons pas nous en priver !)
  • Offgrid cherche à être une proposition alternative pour l’ensemble de la société. Ce projet sera donc bien en dialogue constant avec la grande société. Un dialogue qui pourra s’établir d’autant plus sereinement qu’il sera sans rapport de dépendance.

 

Comment commencer ? Pour sortir d’un système fondé sur les monnaies à émission centralisée (l’euro par exemple), il faut… des euros. Notamment pour acheter un terrain, du matériel, etc.

Effectivement, la construction de l’autonomie ne se fera pas en un jour et elle nécessitera bien de partir des institutions (l’euro par exemple) que nous avons aujourd’hui. Offgrid se conçoit plus comme un chemin que comme une destination. L’ambition est de créer un système dans lequel on puisse se passer d’euros le plus possible, cela ne signifie pas qu’il n’y aura pas besoin d’euros dans un premier temps (précisément pour un acheter un terrain par exemple).

Il s’agit de ne pas tomber dans une recherche de pureté idéologique qui serait sans rapport avec les contraintes du réel, mais bien de tenir valeurs, objectifs et réel dans un dialogue exigeant et constant.

Pour le dire autrement, il n’y a pas de contradiction (autre qu’en surface) dans le fait d’utiliser des euros en vue de construire un système qui permette de s’en passer.

 

Vous dites qu’il faut faire sécession, sauf qu’en pratique, il va bien falloir s’installer sur le territoire d’un État, et donc se soumettre à ses lois.

Tout à fait, et nous avons bien l’intention d’éviter le plus possible un affrontement direct avec un État. Outre que ça ne serait pas très utile – nous sommes dans une dynamique constructive plus qu’oppositionnelle – le rapport de force risque de tourner court.

Donc, il faudra bien se soumettre aux lois d’un État, c’est ainsi. Cela ne signifie pas qu’il faille se soumettre à ses propositions d’organisation.

Dans toutes nos propositions, cela qui peut le plus susciter un questionnement de la part de l’État est la création d’une nouvelle monnaie. Il s’agira donc, comme pour le Bitcoin, d’utiliser une monnaie «chiffrée» qui ne permette pas à un État de poursuivre ses utilisateurs.

Enfin, les États sont des constructions historiques limitées dans le temps. Avec les catastrophes à venir, il n’est pas certain qu’ils soient encore debout dans 10 ou 15 ans (nos systèmes sont très complexes et spécialisés, donc peu résilients et très fragiles).

Mais en fait, c’est juste une communauté hippie que vous voulez faire ?

L’idée, ce n’est simplement de faire une communauté «hippie» juste pour « se forger la meilleure existence possible dans le cadre existant ». Ça, c’est sympathique, mais pas suffisant.
 
L’idée est la suivante :
 
Le pouvoir remonte par capillarité parce que nous (et j’insiste là-dessus) collaborons avec le système qui nous oppresse et que nous avons beau jeu de critiquer ensuite. Par collaborons  nous entendons, travaillons pour, utilisons ses outils, bénéficions de ses largesses, consommons, etc.
 
Les excès de notre société actuelle ne seraient pas possibles si nous n’étions pas aussi collaboratifs.
 
Sauf que notre collaboration a une raison simple. Vivre en dehors du système est difficile et coûteux. Il s’agit donc de proposer un autre système, qui permette à un très grand nombre de personnes de s’organiser entre elles, et qui fasse « faire faillite » à l’ancien système par manque de personnes qui souhaitent encore y collaborer.

Offgrid se veut donc être une proposition qui permette à l’ensemble de la société de s’organiser différemment, et pas simplement quelques dizaines ou centaines de personnes.