pousse haricot

Par Jérémy W. le 02/12/2015

[NB : Lors de son lancement, Topia s’appelait Offgrid ! Cet article date donc de ce moment de la vie de notre groupe]

Bienvenue sur reseau-topia.org. Ceci est le premier article que je publie ici. Il a pour intention d’exposer sommairement le projet Offgrid – ses pistes de réflexion plutôt que ses conclusions – ainsi que de préciser dans quelle vision du monde Offgrid s’inscrit.

Offgrid est une proposition d’organisation alternative d’une société. Le projet est structuré autour d’un certain nombre de principes, politiques, économiques, monétaires, culturels, sociaux, productifs, qui permettent ensemble de créer une organisation sociale complète, autonome (pas autarcique), résiliente et progressiste. Ces principes devront être scalables, c’est-à-dire qu’ils devront permettre à quelques centaines de personnes de s’organiser aussi bien que si elles étaient quelques millions. Ce projet est donc très ambitieux, ce qui le rend difficile à assumer pour moi. Cela dit, je crois qu’il est également nécessaire, c’est pourquoi je m’emploie à vous le présenter.

Ce projet est également une vision dans laquelle vont s’inscrire un certain nombre de mes actions futures. L’idée est de faire « sécession » de la grande société et de pouvoir répondre à nos besoins de manière autonome. Cette sécession peut parfaitement débuter par quelques dizaines de personnes puis croître jusqu’à de très grands nombres.

Où en sommes-nous ?

Le système dans lequel nous vivons actuellement, cet hybride de capitalisme et d’étatisme, tire sa puissance de sa force organisatrice : il parvient à organiser la vie de millions d’individus nationalement et de milliards mondialement et il est presque impossible de s’en passer aujourd’hui.

Attaquer frontalement ce système pour le faire évoluer est peine perdue. Divers mécanismes – nous les détaillerons dans une partie d’analyse et de diagnostic – ont été mis en place afin de prévenir tout changement majeur. L’émission centralisée de monnaie, le monopole de l’employeur (public ou privé) pour l’accès à la monnaie et donc à la perpétuation de son existence, le système électoral représentatif, la possession des médias par les dominant·e·s, le monopole de la coercition légale…

De plus, une attaque trop frontale, violente par exemple, risque d’entraîner un rapport de forces avec l’État, rapport dont l’issue ne fait aucun doute.

Pourtant, nous vivons à une époque où la mutation technologique rapide change radicalement la donne. Si l’État et le capitalisme tirent leur puissance de leur capacité d’organisation de la vie sociale, que dire des possibilités ouvertes par Internet ? Dans de nombreux domaines, les possibilités de collaboration et donc d’organisation à travers Internet ont totalement bousculé les fonctionnements traditionnels. Facebook, Twitter, les forums et tous les innombrables moyens de communication horizontaux transforment la façon dont les mobilisations politiques naissent et dont les communautés se forment. Wikipédia ou les MOOC transforment notre rapport au savoir. Le mouvement du libre redéfinit le rapport au travail et à la création.

Malgré cette révolution technique, la société ne se transforme pas ou peu. Les géants d’Internet deviennent de nouveaux géants capitalistes. Les États utilisent les réseaux pour assouvir leur vieux fantasme de tout voir, tout connaître et tout prédire de l’action de tout·e un chacun·e.

Il manque une révolution des technologies sociales et politiques. Il manque une révolution dans les règles que nous nous donnons collectivement pour fonctionner ensemble, dans le respect des libertés de chacun·e, dans la transparence, et hors de l’oppression des masses par quelques un·e·s et de tou·te·s par tou·te·s.

Cette révolution radicale, pacifiste, non violente et ouverte, ne pourra venir que de celles et ceux qui subissent l’oppression aujourd’hui. A-t-on jamais vu un·e dominant·e se réveiller un matin en se disant qu’ille allait renoncer à ses privilèges aujourd’hui ?

Cette révolution ne se produira pas à coup d’émeutes, d’occupations ou de cocktails Molotov. Elle se produira parce qu’un nombre suffisant de personnes aura décidé de s’organiser différemment, par elles-mêmes et pour elles-mêmes. Elles auront fondé une société dans laquelle elles seront souveraines, respectées, en puissance et politiquement libres. Elles cesseront, enfin, de participer au système dominant – qui ne se maintient que parce que nous y participons – et trouveront ce dont elles ont besoin, sur les plans matériels et politiques, dans cette organisation qu’elles auront fondée.

Cette idée peut paraître totalement utopique et décalée de l’état actuel du monde. Il faut se souvenir que l’histoire s’écrit sur le temps long, et que l’ère contemporaine tend à l’accélérer. Il faut se souvenir également des systèmes et des croyances qui nous ont précédé·e·s. Un Maya antique ne trouverait-il pas notre monde totalement utopique ? Et un paysan du 5ème siècle ?

Il s’agit donc de recréer une société, car, les sociétés et les systèmes oppressifs n’existent que parce que nous les habitons, que nous y participons et parce que parce que nous y consentons. Il s’agit, en un mot, de passer off-grid.

Une telle chose est plus possible qu’il n’y paraît au premier regard. Les changements sociaux et politiques peuvent survenir brutalement, exponentiellement. La Révolution tranquille du Québec en est un bon exemple. En quelques années, l’Église alors très influente voit se déserter ses messes et la société québécoise change profondément de visage.

Les pistes d’exploration de la situation actuelle

Avant de voir les choses que nous proposons il s’agit de savoir où nous sommes. Ou, pour être plus précis, d’expliciter notre vision de la société.

Ce blog, éventuellement accompagné d’une publication à venir, analysera l’état de notre société et le fonctionnement du système dans lequel nous vivons. En un mot, il s’agit de comprendre les multiples causes de notre impuissance. Pour les lister rapidement, il s’agit de :

  • l’élection de représentants (Chouard) qui nous dirigent sans rendre de comptes,
  • l’émission centralisée de monnaie (Laborde), qui nous oblige à travailler pour les groupes proches du centre d’émission monétaire, les banques, puis l’État et les grandes entreprises,
  • la concentration du capital (Piketty), qui creuse les inégalités par le jeu des rendements du capital supérieurs à la croissance du PIB (voir également les inégalités comme facteur d’explication des variables socio-économiques et sanitaires chez Wilkinson et Pickett ),
  • la possession des médias par les industriels et les dominants économico-politiques (Acrimed),
  • la dépendance à l’employeur (Friot) pour accéder à la monnaie et maintenir notre existence,
  • la construction européenne (Lordon) qui technicise la politique et prive les peuples de souveraineté,
  • le confort de la vie moderne (Tocqueville) qui nous plonge dans une torpeur douceâtre,
  • la stupéfaction idéologique  (TINA): en dehors du système actuel, aucune alternative ne semble possible.

Je ne crois pas que mon analyse soit très innovante, mais il est nécessaire de la préciser afin d’expliciter l’endroit d’où je parle.

Et les pistes pour une autre organisation

Ainsi, afin de ne pas rester sur ce sombre tableau, nous irons explorer les voies de solutions possibles. Le système d’organisation que je décris est un système complet d’organisation politique, sociale et économique. Son ambition est double :

premièrement, proposer un système dans lequel  aucune vie ne requiert l’exploitation d’une autre. En allant plus loin, il s’agit de rendre cette exploitation impossible – ou la plus limitée possible – par les mécanismes mêmes de fonctionnement du système proposé.
Deuxièmement, proposer un système qui soit très « efficace » dans son organisation. Par là, je veux dire qu’il doit être d’une part scalable – fonctionner selon les mêmes fondements qu’il s’agisse de cent ou de cent millions de personnes -, qu’il doit être relativement économe en énergie (pas d’assemblées générales de 8h toutes les semaines) qu’il doit être résistant à la cohabitation avec d’autres systèmes d’organisation – comme le système actuel – potentiellement hostiles.

Ce projet peut paraître utopique ou irréaliste. Quant à moi, je considère le statu quo plus irréaliste encore. Il faut se souvenir que le futur n’est pas ce qui arrivera, mais ce que nous ferons advenir. Encore une fois, la proposition que je fais ici se veut scalable. Ce qui signifie qu’un petit groupe de personnes peut la tester d’abord, puis, par incrémentations successives, ce groupe peut grossir jusqu’à devenir considérable.

L’ambition finale est de rendre désuet le système capitalistico-étatique actuel et d’y mettre fin par manque de participant·e·s pour l’alimenter et le servir.

Cette réflexion sur les systèmes plutôt que sur les personnes peut dérouter. On lit fréquemment des analyses de l’action – ou inaction – d’untel ou d’unetelle. On voit régulièrement des partis promouvoir « leur » candidat comme étant le bon, comme ayant des vertus qui manqueraient aux autres et que la probité protégerait contre les effets corrupteurs du pouvoir.

Il me semble que les systèmes produisent bien plus d’effets que les personnes, aussi vertueuses et pleines de volontarisme soient-elles. Je crois que la vertu est une chose dont la quantité reste plus ou moins constante à travers l’histoire et que ce sont les systèmes qui rendent les personnes vertueuses ou néfastes en rendant possibles ou non telles ou telles actions. C’est pourquoi je ne m’attache qu’à décrire des systèmes.

Quels seront donc les quelques fondements d’Offgrid ? Je vais les énumérer rapidement, il s’agira de les détailler dans un autre temps.

  • Auto-institution : les principes d’Offgrid doivent être construits par les personnes qui souhaitent s’y intégrer (ce texte est donc bien une piste de réflexion et non une prescription)
  • Démocratie : un système démocratique utilise principalement le tirage au sort comme outil de gouvernance. Le tirage au sort permet d’éviter que l’organe politique qui prend les décisions soit en conflit d’intérêt avec un groupe de pression (lobby). Ce conflit d’intérêt est actuellement exacerbé par le système électoral. Il permet aussi d’éviter la mobilisation perpétuelle de toute la société pour prendre chaque micro-décision (l’AG perpétuelle). Nous pouvons imaginer le scénario de prise de décisions suivant (exemple destiné à illustrer) :
    • Un groupe de pression fait une proposition de loi (ex : qu’on soutienne la production d’énergie éolienne de telle manière)
    • Un groupe tiré au sort (une centaine de personnes par exemple) instruit la demande, reçoit les groupes de pression qui se sentent concernés (les riverains, les écolos, les pétroliers), les experts, etc.
    • La décision est prise (vote à majorité ou autre, à définir)
    • Si elle ne convient pas à, par exemple, 10% de la population, cette partie de la population peut bloquer la décision par une pétition de censure
    • La décision est renvoyée à un référendum
  • Monnaie : la monnaie doit être libre et son fonctionnement démocratiquement transformable. Une base de travail peut être la monnaie à dividende universel proposée par Stéphane Laborde. Il s’agit d’un système qui permet à chacun·e de bénéficier de la même part relative de monnaie que tou·te·s les autres citoyen·ne·s, passé·e·s, présent·e·s et à venir. Ainsi, tous les ans, il est créé 5% (ou 10 %, le montant précis est le fruit d’une délibération politique) de masse monétaire (et c’est la seule création de monnaie) en plus. Cette monnaie est distribuée également entre tou·te·s les citoyen·ne·s de l’espace politique.
  • Investissement : comme il ne peut pas être géré par la création monétaire, il est géré démocratiquement par les caisses d’investissements qui bénéficient d’une partie de la masse monétaire.
  • Culture : on ne peut pas décréter les éléments culturels. Cela dit, la culture d’Offgrid devra être progressiste et résolument émancipatrice, notamment vis-à-vis des groupes qui sont mis en minorité politique aujourd’hui. Les femmes, les LGBT (et autres minorités sexuelles, de genre ou relationnelles), les racisé·e·s, les neuroatypiques, les pauvres, les animaux non-humains…
  • Alimentation : les principes issus de la permaculture seront utilisés. Ils permettent le respect de l’environnement, de la nourriture de grande qualité et une production abondante.
  • Habitat : les techniques d’habitat bioclimatique permettent un respect de l’environnement, des habitats très économes en énergie – voire à énergie positive – et un réel confort de vie
  • Énergie : la production énergétique sera issue du soleil (thermique, éolien, hydro, PV…). Les travaux de Négawatt (sobriété, efficience,  énergies renouvelables) sont une bonne base de réflexion.
  • Propriété privée lucrative : non nécessaire et nocive
  • Foncier : il s’agit de garantir la propriété d’usage tout en empêchant la propriété lucrative
  • Citoyenneté : Être citoyen·ne  d’Offgrid ouvre notamment deux droits : la possibilité de participer aux décisions politiques et le versement du dividende universel.

Le premier pas : une communauté autonome

arbre lumière

Le premier pas à réaliser est donc la création d’une communauté autonome et résiliente qui permette à un groupe de personnes de vivre hors de la dépendance à la grande société. Cette communauté pourra grossir, se mettre en réseau avec d’autres dans le futur.

Cette communauté a également tout son sens dans la perspective de l’effondrement à venir de nos sociétés. En effet et schématiquement, nous sommes pris dans les catastrophes du réchauffement climatique et de la fin du pétrole. Ces deux catastrophes détruiront – peut-être brutalement – nos systèmes agricoles (par exemple, au-delà d’un certain niveau de réchauffement, les rendements des céréales s’effondrent) et risquent de provoquer des crises et bouleversements majeurs. Les travaux de Pablo Servigne sont vraiment intéressants à ce sujet et aident à comprendre que nous vivons la fin d’un modèle de société et qu’il est urgent de construire de petites cellules de vie autonomes et résilientes dans les années qui arrivent.

Les principes et modes de fonctionnement de cette communauté devraient, selon moi mais c’est évidemment à débattre, être issues des principes généraux d’Offgrid. Cette première communauté sera en quelque sorte le premier lieu à faire sécession et à fonder l’espace politique d’Offgrid.

Je me donne comme objectif de fonder et de vivre dans cette communauté d’ici 5 ans. Je précise également que pour moi, il ne s’agit pas d’une fin en soi, mais d’une première brique. La fin est plus grande, il s’agit de proposer un système sociétal différent pour nous permettre de nous organiser et de vivre tou·te·s ensemble.

C’est le début d’une longue et belle aventure. Si vous souhaitez y participer, n’hésitez pas à cliquer sur le bouton 🙂

Tenez-moi au courant !
 

Et la page Facebook du projet ! 🙂

Offgrid : intention et vision initiale

16 pesnées sur “Offgrid : intention et vision initiale

  • 5 décembre 2015 à 22 h 16 min
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    Merci, ça ait longtemps que je pense à un truc comme ça et je ne savais pas comment faire, ni surtout si je pouvais trouver d’autres motivé-e-s !
    C’est chose faite je crois !

    Je vais faire tourner l’info auprès d’autres que ça peut intéresser !

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    • 6 décembre 2015 à 11 h 30 min
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      C’est super, merci beaucoup pour le message 🙂 Je crois que nous sommes plein·e·s à être motivé·e·s mais qu’il faut juste que nous arrivions à nous retrouver et à nous reconnaître

      Au plaisir en tout cas ! 

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  • 8 décembre 2015 à 16 h 37 min
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    Heureusement que le monde compte des âmes et des esprits et des coeurs comme le tien Jeremy.

    Je serai heureuse de préparer un modèle de “micro-médecine” dont les fondements s’inscriront dans la philosophie et le projet d’Off-Grid. Mes débuts dans l’exercice de la médecine traditionnelle chinoise s’inscrivent dans une telle dynamique, en tout cas.
    Peut être un jour j’aurai grâce à ce projet de civilisation que tu dessines ici avec intelligence, la joie d’officier sans me sentir “hors la loi” parce que j’aurai choisi de pratiquer une médecine respectueuse de l’environnement (pas de chimie allopathique, pas d’essai sur les animaux), holistique, non invasive et préventive. Qui bien sûr ne serait pas une alternative mais une complémentarité avec la bio médecine (c’est ainsi que l’on nomme la médecine organique), jamais en concurrence, mais qui avec le temps permettra la montée en responsabilité des personnes vis à vis de leur santé, et leur donnera la possibilité de sortir d’une posture infantile de recevoir le soin en décidant d’y participer activement, avec responsabilité et de s’y impliquer.
    J’aimerais que cet off-grid là sur l’axe de la médecine soit un sérieux axe de réflexion, et pas un sentier d’illumination (ce qui de mon point de vue répète les causes et les effets d’un rapport position hausse-position basse). Si nous accompagnons les personnes à devenir leur premier soignant, sans toute-puissance et dans le partage, nous aurons fait un grand pas en avant.
    Jeremy, tu peux compter sur moi pour partager les nombreuses réflexions, les pistes que j’explore d’ores et déjà, pour les mettre au pot commun de Off-Grid.
    Je t’embrasse
    Florence

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    • 2 janvier 2016 à 19 h 11 min
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      Un énorme merci pour ce message qui me touche beaucoup Florence. 🙂 Merci à toi d’être celle que tu es.

      Tu es plus que bienvenue pour développer un axe de micro-médecine au sein d’Offgrid. Ce projet vivra des contributions multiples que les personnes comme nous lui apporterons où ne vivra pas

      Encore merci et à très bientôt,

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  • 25 décembre 2015 à 9 h 33 min
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    Merci de cette initiative. Les enjeux et problèmes semblent plutôt bien présentés. Il faudrait envisager une rencontre de tous ceux qui seraient intéressées.

    Une réaction sur quelques points.

    • démocratie : j’invite chacun à se renseigner sur les principes de la ‘sociocratie’ ou son succédané plus horizontal mais moins éprouvé, ‘l’holacratie’. La sociocratie est utilisé dans beaucoup d’éco-villages et des entreprises avec pas mal de réussite. L’association Colibri de Pierre Rhabi par exemple a un mode de fonctionnement qui s’en inspire largement. Son principe central est le consentement, par opposition aux processus par consensus (insatisfaisant pour chaque partie) ou majorité (insatisfaisant pour la minorité).

    • énergie : j’invite à lire ‘L’âge des low tech’ de Philippe Bihouix, qui montre l’insoutenabilité des énergies renouvelables high-tech, ainsi que les limites de viabilité du scénario Négawatt.

    Un critère manque également à ce topo : la question de la taille par rapport à la fonction, la juste proportion, ici celle d’une communauté qui s’engage sur une voie nouvelle. Lire à ce sujet ‘Une question de taille’ d’Olivier Rey, qui évoque l’importance cruciale de ce facteur et suggère qu’il faut commencer petit et s’arrêter quand la taille devient un facteur de disharmonie qui nuit au projet lui-même.

    Sinon, les révolutions sont à mon avis rarement complètement pacifistes, elles sont toujours impures, toujours propres à des crises, et sont des phénomènes émergents qui s’étalent sur plusieurs générations et pas le résultat d’une simple initiative ponctuelle. Les révolutions calmes sont plus des confirmations de changements jusque là invisibles, donc pas vraiment des révolutions. En fait, je ne crois pas qu’aucune véritable révolution ait jamais existé, juste des évolutions lentes, mais c’est un sujet de débat en soi.

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    • 2 janvier 2016 à 19 h 45 min
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      Merci beaucoup pour ce message Odalbak.

      Le lancement du projet est prévu pour le 25 mars et le 26 mars. 25 au soir, il s’agit d’un événement en forme de conférence puis débat et questions, sur les fondamentaux d’Offgrid et sur la vision dans laquelle ce projet s’inscrit.

      Puis le 26 un forum ouvert, c’est-à-dire un temps de construction collective pour commencer à élaborer ce que nous voulons construire.

      Les événements sont sur facebook pour l’instant, j’ajouterai une page sur ce site bientôt pour les annoncer. https://www.facebook.com/events/1718896085011757

      Merci pour les deux points que tu soulèves, quelques réponses rapides :

      démocratie :  

      La sociocratie me paraît être un excellent mode de fonctionnement pour un petit groupe. C’est très puissant et vraiment impressionnant à voir fonctionner. J’avoue avoir du mal à me représenter comment est-ce que des décisions peuvent être prises en sociocratie pour un plus grand groupe, même dès les dizaines de personnes. (si on part sur une décision par consentement par exemple).

      Ce qui est certain, c’est que ce que je décris dans cette article (tirage au sort avec « consentement » par absence d’opposition) est plutôt un mécanisme de grand groupe (en milliers). Le tirage au sort n’a pas de sens en dessous.

      Ainsi, il faudra sans doute inventer une forme de gouvernance qui nous convienne, à la croisée des chemins de la sociocratie, de la démocratie liquide et du tirage au sort.

      Énergie : Je n’ai pas lu l’âge des low tech, mais je l’ajoute sur ma liste de biblio. Pour l’instant, j’avoue que le scénario de Négawatt est un peu mon horizon de compréhension des enjeux énergétiques, donc si tu me dis qu’il montre les limites de ce scénario, ça m’intéresse beaucoup.

      D’ailleurs, si tu as d’autres références cools, n’hésite pas à les ajouter ici 🙂 : https://bimestriel.framapad.org/p/offgridbiblio

      Taille : C’est une remarque très judicieuse. Effectivement, je n’ai pas parlé de taille dans ce texte, et c’est un tord. J’ai vu la conférence de Rey sur cette question récemment, et je la trouve vraiment intéressante.

      Et effectivement, pour toutes les choses qui sont discutées ici il faudrait préciser leur « champ de pertinence », et la taille du groupe dans lequel elles sont déployées est la première de ces précisions. Cf tirage au sort et sociocratie.

      Nous pourrions en parler pour la monnaie aussi. C’est plutôt un outil de gros groupe, je me dis qu’un petit groupe fonctionnerait aussi bien, voire mieux avec une économie du don…

      Ce n’était pas court, mais encore merci pour ce commentaire 🙂

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  • 6 avril 2016 à 17 h 07 min
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    Bonjour,

    Je trouve que votre projet est une belle initiative à une tentative de synthèse sur ce qui se passe et ce qui bouge en ce moment, il reflète un bon travail de recherche mais plus sérieusement omet déjà par sa forme, la réalité de la vie dans sa profondeur.

    Je ne crois pas qu’il soit possible de nier ce fait, fondamental. pas plus qu’il soit…comment dire…réalisable de mettre en œuvre ce qui apparait là comme un déni fondamental de la réalité matérielle dans laquelle nous sommes. Je crois qu’il faut raisonner à partir de ce qui est, et travailler au plus près de la réalité pour la transformer réellement.

    Une belle intelligence ne met pas forcément des énergies en mouvement, et une révolution fait quoi qu’il en soit des dégâts, dont on peut en constater les effets très clairement aujourd’hui.

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  • Ping : Offgrid : une présentation | innovation ...

  • 24 avril 2016 à 0 h 18 min
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    Bonjour,

    Avez-vous investiguez le projet similaire OpenEmpire? https://open-empire.org/
    Aussi pour rendre le projet plus compréhensible je vous conseille de remplacer l’anglicisme ‘scalable’ par un mot français tel que ‘extensible’.

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    • 25 avril 2016 à 23 h 16 min
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      Merci pour le lien, je ne connaissais pas ce projet, et j’ai effectivement le sentiment que cela se rejoint 🙂

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  • Ping : Bienvenue !  – Offgrid

  • 31 mai 2016 à 1 h 53 min
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    Bonjour à tous .

    Bravo jeremy pour cette initiative .Je cherchais ce genre de groupe pour partager sur une solution alternative au mode de vie actuel .

    Je tenais à évoquer le cas d’un village andalou , existant depuis 40 ans et dont j’étudie depuis quelques mois le fonctionnement et les modes de vie , les points forts et les carences .

    Si vous voulez voir sur youtube :
    Marinaleda ( mag tout compte fait ).

    Au plaisir d’en discuter .
    Pierre

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  • 4 juin 2016 à 21 h 22 min
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    Film en streaming, regarder film en direct, streaming vf regarder film gratuitement sur film-streaming-vf.com

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  • Ping : Bonjour et bienvenue sur le site d’Offgrid ! – Offgrid

  • 11 juin 2016 à 0 h 50 min
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    Good job! thats a lot of hard work you put into that but I bet everyone loved that!

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